Mon périple africain a commencé en 1976, j’avais 20 ans ; mon premier grand voyage… un autre continent. Mon arrivée à Dakar correspondait à l’arrivée de Giscard, toutes les ethnies du Sénégal était représentées là, dans la rue à danser et à jouer, un moment magique, magnifique, grandiose, qui est resté gravé au plus profond de ma mémoire.
J’y suis resté une année, d’abord au Sénégal puis au Mali et en Côte d’Ivoire, on écoutait Fela à tous les carrefours. Je n’étais pas vraiment musicien à l’époque mais j’ai voyagé tout ce temps avec une guitare…
Plus tard, à Genève une grande attirance pour la danse africaine, rencontre avec Paco Yé, avec qui je prends des cours réguliers pendant 5 ans, Elsa Wolliatson donnait des stages tous les mois un week-end que j’ai suivi assidument. Puis un stage à Bobo Dioulasso fin 1984, je revenais de New York, 15 jours dans une cour à danser 8 h par jour avec le groupe Farafina en entier juste pour nous, merveilleuse expérience.
Entre 1987 et 89, mon premier groupe avec des africains : Djambadon, composition d’un chanteur de Guinée Bissau, Koté Carvalho, réfugié politique. Quelques éléments du groupe… Erik Truffaz, Philippe Ehinger, Serge Zaugg…
Plus rien en rapport avec ce continent jusqu’à la tournée de mon 4tet en Afrique de l’Ouest en 1997, qui me donne envie d’y retourner. Une bourse pour enseigner me permet d’abord de rester quelques mois à Ougadougou où je fais le son au Wassa, club où défile des musiciens de tous les pays alentours. Je découvre une multitude de musiques différentes, du Ghana de Mauritanie, du Niger, du Mali, une expérience riche en couleur et en son. Je forme un groupe avec le joueur de Kora Mara Diabaté, avec lequel nous nous produiront au Burkina en France et en Suisse. Je forme un quartet plus jazz avec 3 musiciens virtuoses, Joe Kaiat au piano, Alain bassiste Camerounais et un batteur togolais dont je ne me rappelle pas le prénom… et Puis je reste à Bamako où j’habite chez Toumani Diabaté qui m’invite à jouer fréquemment au Dogon, le club où il se produit tous les mercredi soir. J’ai l’immense plaisir de jouer avec plusieurs grands musiciens mandingues dont Kéletigui Diabaté et Bassékou Kouyaté.
Après quelques allés retours avec l’Europe, Je finis par rester une année à Bamako, où je monte mon premier studio, quelques enregistrements, et quelques expériences me font battre en retraite, je réalise assez vite qu’il n’est pas possible de gagner sa vie avec la musique en Afrique.
En 2002 rencontre à Neuchâtel avec Ibrahima Galissa et Christophe Erard, nous formons le groupe Taffetas, nous enregistrons et après quelques périples, nous signons avec le label Most records à Londres. Tournée en Italie, Espagne, Londres, Paris, Corée du Sud, Tanzanie, Zanzibar.
